Loin du tube planétaire Obsesión du groupe Aventura, la compilation Bachata Roja nous rappelle que l’héritage acoustique de ce genre dominicain est tout autre. Alors que les radios dénigraient ces chants aux moeurs dérangeantes, ce « boléro rural » a migré vers la capitale dans les années soixantedix et continué d’exprimer les peines de coeur et d’alcool de son île, jusqu’au légendaire El salón de Julio Ángel qui, en 1982, impose un style jusque alors délaissé. Au hasard d’un métro new-yorkais, le producteur Benjamin De Menil découvre les solos de guitare bachata et décide d’en rechercher ses auteurs : de Rafael Encarnación à Juan Bautista, ces morceaux transmettent une allégresse et un romantisme diffus, contagieux, parfois même obsédant…